Héritage transgénérationnel, blessures, loyautés : ce que vous portez vraiment

Il y a quelques jours, quelqu’un réagissait à l’un de mes posts sur Linkedin sur le transgénérationnel avec cette phrase :

« Je le sais depuis longtemps mais j’ai décidé de ne plus porter. »

C’est une belle décision et dans ma réponse j’ai voulu pointer quelque chose qui me semble important : le travail sur le transgénérationnel permet souvent de retrouver des liens plus sains avec sa famille, dans le sens le plus large du terme. Comme si la compréhension et la mise en perspectives apportaient plus de tendresse et de compassion.

Et ça peut surprendre parce que le travail transgénérationnel est souvent perçu comme une façon de se détacher, de couper, de lâcher. On peut y voir un éloignement alors que c’est tout le contraire qui se créé.

Cette perception repose sur une confusion fréquente entre trois notions distinctes : l’héritage, les blessures, et les loyautés familiales. Les démêler change profondément la façon dont on aborde ce travail.

L'héritage transgénérationnel n'est pas une blessure

Commençons par là parce que c’est le malentendu le plus fréquent que je lis sur les réseaux.

Quand on parle de transgénérationnel, l’image qui vient spontanément est celle de quelque chose de lourd à porter, de traumatique, de douloureux.

Comme si l’héritage familial se résumait à ce qui a dysfonctionné.

Nous héritons tous de quelque chose et cet héritage ne se limite pas aux blessures ou aux difficultés. Il comprend aussi des valeurs, des ressources, des façons d’aimer, de travailler, de traverser les épreuves, de donner du sens à sa vie. Une famille peut transmettre une capacité de résilience remarquable, un sens du lien, une façon de s’engager dans ce qu’on fait. Ce sont aussi des héritages transgénérationnels.

Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?

Que l’objectif du travail transgénérationnel n’est pas de se débarrasser de son héritage.

C’est de le rendre conscient pour pouvoir choisir avec lucidité ce qu’on souhaite conserver, ce qu’on souhaite transformer, et ce qu’on ne souhaite plus reproduire.

Les blessures ne viennent pas toutes du transgénérationnel

Deuxième distinction importante pour éviter les raccourcis.

Nous portons tous des blessures, c’est une réalité humaine universelle mais toutes les blessures ne sont pas d’origine transgénérationnelle.

Certaines viennent de notre propre histoire : une rupture, un deuil, une expérience d’humiliation ou de rejet vécue dans notre enfance ou votre vie d’adulte. Ces blessures nous appartiennent, elles font partie de notre vécu personnel.

D’autres blessures, en revanche, ont une caractéristique particulière : l’intensité de ce qu’elles font ressentir semble disproportionnée par rapport à ce que nous avons réellement vécu.

Elles résistent au travail que vous avez déjà fait sur vous-même. Elles s’expriment dans des répétitions que vous ne comprenez pas, malgré votre lucidité. C’est souvent le signal que la blessure n’est pas entièrement la vôtre, qu’elle vient de plus loin dans la lignée.

La distinction n’est pas toujours évidente à faire seul. C’est précisément l’un des rôles du travail analytique : identifier ce qui vous appartient en propre et ce qui vous a été transmis.

Les loyautés familiales : fidélité invisible, pas obligation consciente

Troisième notion est la plus mal comprise.

Une loyauté familiale inconsciente n’est pas liée au fait d’aimer sa famille ou de se sentir attaché à elle.

Une loyauté familiale inconsciente c’est une fidélité psychique qui s’exerce à votre insu, et qui peut vous amener à répéter les schémas de vos parents ou de vos ancêtres, parce qu’une partie de vous croit que c’est ce qu’il faut faire pour rester dans le lien.

Voici des exemples que j’ai rencontré en séances :

  • Rester dans un rôle de « celui ou celle qui tient la famille » et ne jamais se permettre de se reposer, par fidélité à un parent qui n’a jamais pu le faire.
  • Reproduire un schéma relationnel douloureux parce que c’est le seul modèle d’amour que vous ayez appris.
  • Ne jamais demander d’aide, même en période de grande difficulté, parce que la lignée valorise l’autosuffisance comme preuve d’amour ou de dignité.
  • S’interdire la réussite financière par loyauté à une lignée marquée par la précarité ou le sacrifice.
  • Choisir systématiquement des partenaires distants ou indisponibles parce que c’est la seule forme d’amour reconnue dans la famille.
  • S’interdire d’être heureux en couple parce qu’un parent a vécu une vie conjugale malheureuse ou un divorce douloureux.

Ces loyautés sont des réponses construites, cohérentes, qui avaient un sens dans le contexte familial où elles se sont développées. Prendre conscience de ces loyautés ne signifie pas les renier, ni rompre avec sa famille.

Prendre conscience de ses loyautés rapproche, ça n'éloigne pas

C’est le point qui me semble le plus important.

Ce que j’observe c’est qu’assez souvent le travail sur le transgénérationnel permet de retrouver des liens plus sains avec sa famille dans le sens le plus large du terme.

La compréhension et la mise en perspective avec une histoire pluis grande que la nôtre apportent plus de tendresse et de compassion.

Quand vous n’êtes plus seulement dans la répétition ou la réaction, vous pouvez entrer dans une relation choisie et consciente avec les membres de votre famille. Vous pouvez voir vos parents comme des personnes, avec leur propre histoire, leurs propres héritages, leurs propres limites, sans être entièrement déterminé par ce qu’ils vous ont transmis.

Certaines personnes découvrent en faisant ce travail qu’elles se sentent plus proches de leur famille qu’avant et pas parce qu’elles ont oublié ou excusé ce qui était difficile, mais parce qu’elles ont cessé de le porter seules et inconsciemment.

Ce que le travail transgénérationnel cherche vraiment à produire

Pour résumer ce que j’entends par ce travail dans ma pratique :

Il ne s’agit pas de couper les ponts ni de se débarrasser de son héritage ni de désigner des coupables dans l’arbre familial.

Il s’agit de discernement :

  • comprendre ce que vous portez, d’où ça vient, et décider consciemment ce que vous en faites.
  • Garder ce qui vous nourrit.
  • Transformer ce qui vous limite.
  • Cesser de confondre fidélité familiale et obligation de reproduction.

C’est le travail de mise en conscience propre à la psychanalyse transgénérationnelle.

Mais la conscience seule ne suffit pas à transformer ce qui se rejoue.

Le coaching expérientiel permet d’aller tester, dans la vie réelle, d’autres façons de faire, d’autres schémas, d’autres possibilités que ceux hérités. Ce n’est plus seulement comprendre intellectuellement qu’on peut choisir autrement, c’est l’expérimenter concrètement.

C’est pour ça que ma pratique articule les deux : la psychanalyse transgénérationnelle pour comprendre et mettre en mots ce qui circule, et le coaching expérientiel pour ancrer dans le concret, dans le corps, dans l’expérience vécue, ce qui a été identifié.

Comme le disait Jung dans Aïon :

« Si un fait intérieur n’est pas rendu conscient, il se présente de l’extérieur, comme destin. »

Rendre conscient ce qui opère dans l’ombre de votre histoire familiale c’est précisément ce qui vous rend libre y compris libre d’aimer votre famille autrement.

Ce que disent mes clients après un travail transgénérationnel

J'étais dans une reproduction permanente des mêmes schémas, j'avais besoin de consulter pour sortir des engrenages que je ne supportais plus. J'ai beaucoup évolué personnellement et professionnellement et mes enfants indirectement aussi. Le mieux apporte du mieux de jour en jour.
Valérie
Responsable des achats
Avant je le subissais une vie, un rythme, des ralations qui me pesaient et m'épuisaient. Aujourd'hui je me sens plus libre de prendre une décision et de mener la vie que j'ai envie d'avoir.
Clément
Dirigeant
J'ai longtemps eu des difficultés à bien gagner ma vie malgré la réussite de mes études et dans mon travail jusqu'à faire un burnout avant mes 40 ans. J'avais compris que le blocage était aussi chez mes parents et grands-parents mais ça ne changeait pas ma vie. J'avais l'impression de tourner en rond et de m'épuiser jusqu'à ce qu'on travaille avec Julie à développer mes propres valeurs et prendre vraiment mes propres décisions pour moi.
Amélie
Responsable Marketing Digital

Vous voulez explorer ce que vous portez vraiment ?

Cap Existentiel est le programme que je propose pour ce type de travail : comprendre vos héritages, identifier ce qui vous a été transmis, et retrouver la liberté de choisir ce que vous en faites.

Les séances se déroulent en visio, depuis partout en France.

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Meung-sur-Loire - à 20 min d'Orléans et de Blois
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