Prenez votre anxiété par la main
L’anxiété est une émotion de protection. Elle vous alerte, vous prépare, vous met en garde. Mais quand elle s’installe durablement elle prend toute la place : dans vos pensées, dans votre corps, dans vos décisions.
Voici 5 étapes concrètes pour commencer à reprendre du terrain.
De quoi parle-t-on quand on parle d'anxiété ?
L’anxiété est une émotion de malaise, qui se traduit par un état d’appréhension, de détresse plus ou moins intense, de nervosité : on a la gorge ou l’estomac noué, des difficultés à respirer, des palpitations, on transpire… alors que l’angoisse est une émotion ponctuelle et survient souvent sous forme de « crise ».
Les personnes qui souffrent de troubles de l’anxiété passent souvent des heures à imaginer le pire, puis à culpabiliser lorsque tout compte fait rien de dramatique ne se passe. L’impression de s’être rongé les sangs pour rien vient entamer l’estime de soi de la personne et ajoute du mal-être à l’état d’anxiété.
1. Prenez acte : votre anxiété vous accompagne
Impossible de faire de la méditation ? Au bout de 2 minutes la liste de vos soucis défile sans fin dans vos pensées. Il y a les soucis du jour, ceux de l’année, les « boulets » qui vous suivent depuis bien longtemps et tous vous empêchent de lâcher-prise. Tant et si bien que plus question de vous mettre en tailleur sur le tapis : ça n’est pas fait pour vous. Et je parle de méditation mais ça peut-être simplement lire un livre, rester concentré sur un film ou même sur une conversation.
Et bien OUI ! Pourquoi insister puisque votre esprit est encombré ? Alors prenez acte : votre anxiété vous accompagne et ce n’est pas le cas de tout le monde (c’est d’ailleurs pour cela que tout le monde ne peut vous comprendre). Il vous revient de décider si c’est une fatalité ou si vous souhaitez plus d’espace dans votre vie et donc vous libérez de cet état qui vous épuise et vous empêche d’évoluer.
2. Dialoguez avec votre anxiété
L’anxiété est là, vos mains moites vous le disent, des palpitations aussi et ça trotte dans votre tête. C’est le moment d’instaurer un dialogue avec votre anxiété. Vous pouvez commencer par quelques respirations profondes puis si vous êtes dans des projections anxieuses, dans le besoin d’anticiper « de peur de » demandez-vous “Et après ?” dans le sens “et après qu’est-ce qui se passerait ?” et continuez le dialogue.
Votre anxiété porte un message, comme chaque émotion, il est important de l’écouter pour mieux la relativiser en la confrontant à la réalité.
L’objectif est de “dégonfler” la situation et d’observer si cette angoisse finale est récurrente : la peur de la mort ? La sienne ou celles de personnes proches de soi. La peur d’être ridicule, la honte ? La peur d’être seul(e), abandonné(e), rejeté(e)…. Prenez conscience de ce qui revient cycliquement car c’est sur cela que vous allez pouvoir commencer votre travail en séance.
Votre anxiété, nous l’avons vu, vous accompagne, mais elle parle également. En tous cas elle parle de vous. Cette expérience de dialogue est très efficace. N’hésitez pas à en parler à vos proches quand elle a été fructueuse : ils pourront s’en servir pour vous accompagner en toute bienveillance avec ce « Et après ? ».
3. Découper votre anxiété en petites angoisses
Un dossier important vient d’arriver. Ça fait une semaine et vous êtes paralysé(e), impossible de commencer. L’enjeu est trop grand, la confiance qu’on vous donne vous déstabilise : et si vous ratiez tout ?
Plus vous remettez les choses à plus tard, plus commencer vous semble impossible, plus l’anxiété prend de place : votre place
En effet, il y a ce gros dossier à mener à terme, mais avant tout il y a prendre le dossier en main, l’ouvrir et le parcourir rapidement.
Le « step by step » ou stratégie des petits pas, est une démarche simple mais qui peut changer la donne.
Ensuite fixez-vous votre deuxième objectif à court terme.
Chaque montagne se gravit pas à pas, et sans le premier pas les autres ne peuvent s’enchaîner.
Avec habitude vous pourrez manager votre anxiété en supprimant ce qui l’aggrave : la procrastination.
Attention toutefois : manager une émotion, la contenir ou la gérer ce n’est en aucun cas la libérer. Contenir son anxiété est une solution provisoire en attendant que vous ayez le courage de vraiment règler le problème sous-jacent, c’est là que j’interviens.
4. Admettez l’irrationalité de votre anxiété
Prenons l’exemple de la peur. La peur est une réponse à une menace. Son effet protecteur fait d’elle un sentiment essentiel à notre vie, notre survie.
Toutes nos peurs viennent de la même source : celle de souffrir et de mourir. Mais si certaines menaces sont réelles, d’autres découlent de notre éducation, de notre société et de nos expériences.
Qu’en est-il de l’anxiété ? L’anxiété est irrationnelle, elle n’a pas de fondement dans la réalité des faits. En constatant que le pire ne s’est pas produit, vous atténuerez la peur que vous ressentez. Plus tôt vous admettrez que l’énergie que vous avez mise dans votre anxiété a été brûlée en vain, plus tôt vous briserez le cercle vicieux.
5. Reconnectez-vous à vos bons réflexes
Votre esprit se rebelle devant le mot « méditation », par contre il acceptera beaucoup plus aisément le mécanisme anti-stress le plus efficace connu : votre respiration.
Il s’agit de vous donner la possibilité de retrouver une humeur stable. Vous pouvez rester assis(e), mains sur le ventre, je vous conseille toutefois si possible lorque vous ressentez un pic d’anxiété de changer de lieu et d’aller marcher simplement en regardant les choses qui vous entourent. Soufflez. Vos muscles vont se décontracter d’eux-mêmes, votre cerveau suivra.
Et ensuite ?
Ces 5 étapes sont un premier niveau de travail. Elles vous aident à reprendre un peu de terrain face à l’anxiété. Mais si l’anxiété revient régulièrement, si elle s’installe durablement ou si elle impacte vos relations et votre quotidien, c’est le signe que quelque chose de plus profond demande à être entendu.
Dans mes accompagnements, je tiens compte de toutes les sensibilités pour vous faire avancer vers plus de sérénité. Cela passe par la compréhension de votre fonctionnement face aux difficultés du quotidien : anxiété, dévalorisation, perte de confiance.

